Bonana 2018

Vœux pour l’an 2018

Les années passent mais ne se ressemblent pas. Même dans le marasme le plus total où règne la confusion des doctrines et des rôles, l’on finit toujours par découvrir des traits de différence. Après une année sans beaucoup de nouvelles du site des Gazelles, 2018 renoue avec la tradition des vœux et calendrier Gazelles que vous ne manquerez pas d’apprécier avec les insolites de la ville de Kinshasa.

“Les Gazelles”, cette école pour la vie, par la vie, apprend tout doucement à vivre sans bon nombre de ses membres fondateurs et doyens. Cela apporte autant d’innovations que des oublis. Faut-il admirer les unes et se passer des autres ? La question nous trottine les méninges, car parmi les oublis se trouvent les fondements-même de la qualité et de la distinction qui ont bâti la réputation de ce petit mammifère des savanes herbeuses congolaises. “Tubuluku” est bien la traduction des gazelles en ciluba. Cela nous fait penser à un village du Grand Kasaï dernièrement remis en vedette avec les troubles meurtriers qui ont endeuillé non seulement ladite province mais la nation congolaise toute entière.

Dans un contexte aussi confus, les élèves des Gazelles, autant que tous leurs pairs et compères de la République affichent des irrégularités qui leur auraient coûté autrefois des réprimandes mais que tout le monde comprend aujourd’hui. Insécurité oblige ! Un enseignant du C.S. Mgr Moke reprochait aux élèves présents au jour d’insécurité : “Vos papas n’ont pas pitié de vous ou ils veulent vous sacrifier ?” C’est l’éternelle question que l’on se pose chaque fois qu’une perturbation est annoncée : faut-il lâcher les enfants ou les garder à la maison ? Combien de jours de classe n’auront-ils pas perdu sans l’avoir voulu ?

Qu’à cela ne tienne : nous poursuivons notre tâche d’éduquer car Ki-Zerbo nous l’a dit en vrai dilemme cornélien avec sa phrase “Eduquer ou périr”. Nous choisissons de périr en éduquant et prenons le risque de franchir les distances qui nous séparent de l’école pour ne pas faire rater aux courageux de nos élèves, les rudiments qui les conduisent vers la lumière.

Bonne et heureuse année 2018 !

A.-M. B.